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    July 22nd, 2011EuropasionariaEurope, La vie

    22 juillet 2011. Je suis à Bruxelles. Des tweets d’amis norvégiens m’informent qu’une bombe a explosé dans le centre d’Oslo. Quelques minutes plus tard, un autre tweet m’informe qu’il y a aussi eu une fusillade dans le camp d’été des jeunesses travaillistes norvégiennes. A ce stade-là, nous ne savons pas encore exactement ce qui s’est passé. En regardant les nouvelles défiler à la télé, je ressens un mélange de colère et de désespoir. Je connais bien ce sentiment.

    25 juillet 1995. Je suis à Paris. J’apprends qu’il y a eu un attentat dans la station de RER Saint-Michel, l’une des plus fréquentées de Paris. Ma famille est moi sommes pétrifiés. Ma tante passe tous les jours par cette station pour aller au travail. Elle n’y était pas ce jour-là. Depuis lors, c’est devenu habituel de croiser des militaires armés de mitraillettes dans les couloirs du métro parisien. Je ne m’y suis jamais habituée.

    11 septembre 2001. Je suis en voiture avec mon père sur une autoroute française. Nous revenons de Grenoble où il m’a aidé à trouver un appartement. Il est 2 heures de l’après-midi. Nous entendons à la radio qu’un avion s’est écrasé dans l’une des tours jumelles de New York. Les analystes disent que c’est à ce moment-là que le 21ème siècle a vraiment commencé, tout comme le 20ème avait réellement commencé avec la Première guerre mondiale.

    11 mars 2004. J’habite à Amsterdam dans un appartement que je partage avec 12 autres personnes. 8 d’entre elles sont espagnoles. Je remarque leurs visages tétanisés alors qu’ils regardent la chaîne nationale espagnole qui nous apprend que des attentats ont eu lieu dans des trains aux alentours de Madrid.

    7 juillet 2005. J’habite toujours à Amsterdam. Il est tôt. J’allume la télé en sortant du lit et je réalise que des bombes ont explosé dans le métro londonien. Mon petit ami dort encore. L’une de mes meilleures amies habite à Londres.

    Nous nous rappelons tous d’où nous nous trouvions et de ce que nous faisions lorsque nous avons entendu parler de ces attentats. Je ressens toujours le même sentiment confus, un mélange d’incompréhension, d’impuissance et de pessimisme envers le futur de l’humanité. J’essaye d’éviter la colère. La violence engendre la violence. Et la violence n’apporte jamais de solution.

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    December 28th, 2010EuropasionariaBruxelles, France, La vie

    © John Brody

    Je suis née et j’ai grandi à Paris. Je parle verlan et j’ajoute des « han» inutiles à la fin des mots. Je râle beaucoup. Je jure aussi beaucoup. Je suis une intellectuelle, je peux parler politique et films jusqu’aux petites heures de la nuit. Je me déplace en métro les yeux fermés mais j’ai du mal à trouver mon chemin à pied. Je suis féministe et féminine. Bref, je suis une vraie parisienne, pur produit estampillé Paname.

    Comme tout Parisien, j’ai une relation amour/haine à ma ville. J’en suis partie à 22 ans car je n’en pouvais plus. Paris, c’était trop pour moi. Maintenant quand je reviens, je me sens touriste dans ma propre ville qui m’émerveille à chaque fois de sa beauté.

    Je vis à Bruxelles dans le milieu des expatriés européens. Quand on y rencontre quelqu’un, la première question qu’on se pose c’est toujours : « D’où viens-tu ? ». Au début, je répondais : « de France ». Mais comme cette réponse est toujours suivie de « Où ça en France ? », j’ai pris l’habitude de prendre un raccourci et de répondre directement à la première question : « de Paris ». Et là c’est systématique, des petites étoiles lumineuses apparaissent dans les yeux de mon interlocuteur qui me répond plein d’entrain : « Paris est tellement magnifique, est-ce que ça ne te manque pas ?! ». Et moi de répondre, avec mon air de Parisienne désabusée : « Non en fait, je n’aime pas trop Paris ». Ça me fait toujours l’impression de révéler à un enfant que le Père Noël n’existe pas.

    Mais avec les années, j’ai évolué. Il y a des choses que j’adore à Paris et des choses que je n’aime pas du tout. Alors je me suis dit que j’allais faire une liste.

    A Paris, j’aime…

    • Les commerces qui ferment tard
    • Le boucher, le boulanger et le fromager du coin
    • Les titis parisiens
    • Les marchés
    • La bonne bouffe élevée au rang de religion
    • Les restaurants asiatiques pas chers et de très bonne qualité
    • Les garçons de café, leur professionnalisme et les petites plaisanteries qu’ils font toujours à leurs clients
    • Le fait que les garçons de café m’appellent Mademoiselle
    • Les conversations politico-philosophiques jusqu’au bout de la nuit
    • L’harmonie de la ville, l’architecture de toute beauté, les illuminations
    • Le métissage culturel
    • Les vitrines de Noël des grands magasins
    • Le Vélib’
    • La tour Eiffel de jour
    • La tour Eiffel de nuit

    À Paris, je n’aime pas…

    • Le snobisme des Parisiens qui pensent que Paris est la meilleure ville du monde bien qu’ils n’aient jamais vécu ailleurs, surtout quand ils n’ont jamais vécu ailleurs d’ailleurs
    • Le caractère franco-français de toute conversation, l’ignorance totale de ce qui se passe en « province » et à l’étranger
    • Le prix exorbitant des loyers
    • Le métro. Je ne sais pas ce qu’il se passe mais depuis quelques années, mais c’est toujours l’heure de pointe dans le métro.
    • Les heures perdues dans les transports en commun
    • Les voitures et leur trafic incessant
    • La violence ambiante. Dès que je descends du Thalys et que je m’engouffre dans le métro à Gare du Nord, je la ressens. C’est ineffable mais c’est là. Il y a de la tension dans l’air. La vie est dure, les gens sont frustrés et malheureux. En tant que femme, à Paris quand je me déplace seule le soir, j’ai peur.
    • Les sorties hors de prix. Je me rappelle d’une soirée au Rex, une boîte tout public, il y a quelques années. Entrée 12 euros. Jusque là rien d’extravagant. Je commande deux bières, deux bouteilles de Heineken : 14 euros. Aïe. Du coup, que font les jeunes ? Ils s’invitent les uns chez les autres pour des dîners et fêtes d’appartement. Voilà la night life typique du jeune parisien qui n’est pas Crésus. Résultat ? On évolue toujours dans le même milieu et les Parisiens fonctionnent en tribu.
    • Le bruit constant, les boutiques à chaque immeuble, la foule, l’activité partout. C’est trop.

    Pourtant j’aime Paris. J’aime même les Parisiens. Mais parfois aussi, je déteste Paris… et les Parisiens surtout.

    Une copine m’a envoyé ce test sur Facebook : « Testez votre relation à Paris. Vous et Paris, vous en êtes où ? » Ci-dessous mon résultat. Comme quoi…

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    November 24th, 2010EuropasionariaLa vie, Web 2.0

    Si vous ne comprenez pas l’espagnol, cette vidéo hilarante sur l’utilisation de Facebook par les personnes du troisième âge va vous le faire regretter. C’est ma super tatie qui l’a postée sur Facebook, immédiatement suivie de ma maman qui l’a partagée sur son mur. A 70 printemps, ma maman vient juste de rejoindre Facebook et montre déjà une aptitude exceptionnelle à utiliser toutes les options de partage de ce réseau. Quand je pense qu’il n’y a même pas un mois, ma maman me demandait de lui expliquer ce qu’est un blog… ça me donne le tournis !

    -Mise à jour- Ma maman a cliqué sur le bouton Facebook “j’aime” de cet article.

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    October 30th, 2010EuropasionariaLa vie

    Cela fait des années que je suis abonnée à la palabra del día, un service de elcastellano.org qui chaque jour m’envoie « le mot espagnol du jour ». La plupart du temps, je n’y fais bien sûr pas attention, comme pour la plupart des lettres d’information auxquelles je me suis abonnée au fil des années. Mais aujourd’hui, c’était un jour spécial :

    Le mot du jour c’était, je vous le donne en mille : PASIONARIA

    Aujourd’hui, j’ai également été invitée pour la première fois de ma vie être intervenante dans une conférence espagnole le mois prochain. Bizarre la vie, non?

    Alors voilà l’histoire de l’origine du mot espagnol « pasionaria » (cliquez ici pour la V.O.):

    La pasionaria est une fleur américaine connue dans le Cono Sur par son nom indigène mburucuyá (oui, moi non plus je n’arrive pas à le prononcer).

    Selon la légende guarani, Mburucuyá était une jeune fille blanche qui était venue avec son père, un capitaine espagnol, au Virreinato del Río de la Plata où elle tomba éperdument amoureuse d’un jeune homme guarani (jusqu’ici je me retrouve). Mburucuyá était le nom que lui donnait son amoureux. Bien sûr la relation ne plut pas au papa qui, du coup, assassina le malheureux jeune homme (bon là je me retrouve moins). Désespérée, Mburucuyá prit une pointe de l’une des flèches de son aimée et se la planta dans le cœur (bon ça pourrait m’arriver). A mesure que la vie la quittait, la pointe de la flèche se transforma en fleur.

    La fleur de la passion © Nikonsnapper sur Flickr

    Quand les Jésuites arrivèrent en Amérique, ils remarquèrent que la fleur mburucuyá (ci-contre) était pourvue de trois étamines, dans lesquelles ils virent les clous du Christ, de cinq pistils, dans lesquelles ils virent les cinq blessures du Christ, et d’une couronne de filaments, qu’ils identifièrent à la couronne d’épines… du Christ (bon alors là je ne me reconnais plus du tout). C’est pour cela qu’ils rebaptisèrent la fleur flor passionis en latin et pasionaria en espagnol.

    Fin de la minute culturelle.

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    October 12th, 2010EuropasionariaLa vie

    The brown bag © Jerine Lay/Flickr

    J’étais au Personal Democracy Forum la semaine dernière. Comme prévu, c’était extraordinaire. J’ai passé de bons moments avec d’anciens et nouveaux amis. J’ai rencontré des gens passionnés et passionnants. Ce fut tout simplement fabuleux sauf qu’il y a eu un gros bémol.

    Le premier soir, je me suis fait voler mon sac à main sur une terrasse du centre pendant que je dinais avec des collègues. Nous n’avons rien vu. À un moment donné, j’ai réalisé que mon sac n’était plus là. Dedans il y avait absolument tout : mes cartes de crédit, de l’argent, mes clefs de maison, mon BlackBerry, mon passeport, entre autres choses importantes.

    Alors j’ai appris sur le tas ce qu’on est censé faire lorsqu’on perd tout :

    1. Bloque toutes tes cartes de crédits. Mes collègues ont googlé sur leurs BlackBerry et on réussi à trouver un numéro à appeler, mais apparemment il n’y a pas de numéro unique. Chaque banque a son propre numéro, alors bonne chance ! Si quelqu’un en sait plus, merci de suggérer la démarche à suivre dans les commentaires.
    2. Bloque la carte SIM de ton téléphone. Là aussi je n’ai pas réussi à trouver le bon numéro. J’ai donc dû attendre que mon entreprise le fasse pour moi le lundi venu.
    3. Vérifie auprès de la compagnie aérienne avec laquelle tu rentres s’ils peuvent t’accepter à bord sans passeport. Bon à savoir : si tu fais le voyage de retour avec la même compagnie aérienne qu’à l’aller, ils sont obligés de t’accepter à bord. Ce n’était pas mon cas. J’ai donc du obtenir un passeport d’urgence.
    4. Va à la police pour déclarer le vol. Ils te donneront un papier qui te donnera le statut officiel de ‘victime’, ce qui te permettra d’obtenir un nouveau passeport et de réclamer un dédommagement auprès de ta société d’assurance (si tu en as une).
    5. Va te faire tirer le portrait. Précise que c’est pour un passeport. Le format n’est pas le même que celui des cartes d’identité.
    6. Va rendre visite à ton consulat. Si tu es chanceux comme je l’ai été, tu obtiendras un passeport d’urgence dans les 24 heures. Mais j’entends ici et là que ça peut prendre deux semaines…

    Mes impressions de cette aventure: les voleurs barcelonais sont des pros, la police catalane –los mossos- est épatante, et les consulats français sont extrêmement efficaces. Vive le service public !

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    September 30th, 2010EuropasionariaLa vie

    Un article de Cafebabel.com m’a remémoré un (vieux) sketch des comiques qui ont à jamais façonné mon humour. Mes idoles : les Inconnus.

    Welcome back to 1995 !

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    September 16th, 2010EuropasionariaLa citation de la semaine, La vie

    Les champignons poussent dans les endroits humides. C’est pourquoi ils ont la forme de parapluie !

    Citation que ma tatie, dont je parlais hier, m’a fait découvrir sur Facebook. Spéciale dédicace à mon papa, grand spécialiste des champignons sauvages.

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    September 16th, 2010EuropasionariaLa vie, Web 2.0

    Ceci n'est pas ma tante, bien qu'elle lui ressemble © Lisa.B/flickr

    Il y a une semaine ma tatie a rejoint le monde merveilleux de Facebook. Au début elle a commencé par ‘aimer’ tout ce que je postais. Puis elle a commencé à mettre un ligne tout un tas de choses: des vidéos youtube, des textes, des chansons, des articles de presse, des photos… Je suis absolument épatée par la rapidité et la virtuosité avec laquelle elle s’y est mise. Voilà qui montre bien qu’on peut être grand-mère tout en restant ouverte aux nouvelle technologies. Ma tante a montré une rapidité impressionnante à comprendre les réseaux sociaux… bien que je n’aie jamais douté qu’elle ferait preuve d’un tel génie informatique!

    Ma tatie vit loin alors je ne lui parle pas aussi souvent que j’aimerais le faire. Maintenant, grâce à Facebook et à l’ouverture d’esprit de ma tante face aux choses nouvelles, je reçois des messages d’elle tous les jours, ce qui me fait rayonner de joie. Comme le dit souvent mon autre tante -sa soeur-, ce qui compte ce n’est pas la jeunesse du corps mais celle de l’esprit.

    Je vous aime Tatie O. et Tatie E. :)

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    September 2nd, 2010EuropasionariaFrance, La vie

    Mon pire ennemi © Alberto Garcia Quesada

    Depuis toute petite, je suis un aimant à moustique. Un été, alors que j’étais en vacances en Camargue, j’avais compté le nombre de piqûres que ces saletés d’insectes m’avaient infligées. J’en avais 56. Oui, 56 piqûres. Et ce malgré une utilisation abondante de spirales anti-moustiques et autres sprays protecteurs. Cet été sur la côte d’Azur, je me suis bien sûr fait dévorer, comme d’habitude. Mais j’ai découvert une autre nuisance bien plus terrible.

    Je rêvais depuis des mois d’enfiler maillot de bain, masque et tuba pour aller observer les poissons dans les eaux limpides de la grande bleue. Premier jour, première plage, première baignade. J’esquisse deux brasses et là, bam! Choc électrique sur le bras, une saleté de méduse m’avait piquée. La méduse est une toute petite bête de rien du tout, quasiment transparente et donc difficilement repérable, qui aime venir squatter les eaux chaudes des bords de plage, ai-je appris par la suite.

    La coupable © Emmanuel Froissant

    La brûlure n’est pas très douloureuse sur le coup mais le problème c’est après. Démangeaisons qui réveillent la nuit et marque de brûlure toujours apparente deux semaines plus tard et qui va donc probablement me rester longtemps collée à la peau.

    Conseil si un jour vous vous faites piquer par cette vermine des mers:

    1. D’abord, n’écoutez pas les conseils du maître nageur sauveteur, il n’y connaît rien.
    2. Raclez la plaie avec une carte en plastique pour enlever les bouts de méduse microscopiques qui y sont restés coller.
    3. Rincez à l’eau de mer, surtout pas à l’eau douce.
    4. Contre les démangeaisons qui surviennent une semaine plus tard, appliquez de l’huile essentielle de lavande aspic toutes les 5 minutes jusqu’à que ça se calme, puis deux à trois fois par jour.

    Quelques jours plus tard, alors que je passais au scanner mon entourage marin à travers mon masque avant d’effectuer la moindre brasse, je me suis fait piquer à nouveau. Au front. Ben oui, c’était le seul endroit où je n’avais pas de visibilité. Coup de bol, cette piqûre-là n’est pas visible. Apparemment j’ai juste dû donner un coup de boule à la sale bête, sans en toucher les tentacules. Vade retro satanas!

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