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Paris, je t’aime… moi non plus
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Je suis née et j’ai grandi à Paris. Je parle verlan et j’ajoute des « han» inutiles à la fin des mots. Je râle beaucoup. Je jure aussi beaucoup. Je suis une intellectuelle, je peux parler politique et films jusqu’aux petites heures de la nuit. Je me déplace en métro les yeux fermés mais j’ai du mal à trouver mon chemin à pied. Je suis féministe et féminine. Bref, je suis une vraie parisienne, pur produit estampillé Paname.
Comme tout Parisien, j’ai une relation amour/haine à ma ville. J’en suis partie à 22 ans car je n’en pouvais plus. Paris, c’était trop pour moi. Maintenant quand je reviens, je me sens touriste dans ma propre ville qui m’émerveille à chaque fois de sa beauté.
Je vis à Bruxelles dans le milieu des expatriés européens. Quand on y rencontre quelqu’un, la première question qu’on se pose c’est toujours : « D’où viens-tu ? ». Au début, je répondais : « de France ». Mais comme cette réponse est toujours suivie de « Où ça en France ? », j’ai pris l’habitude de prendre un raccourci et de répondre directement à la première question : « de Paris ». Et là c’est systématique, des petites étoiles lumineuses apparaissent dans les yeux de mon interlocuteur qui me répond plein d’entrain : « Paris est tellement magnifique, est-ce que ça ne te manque pas ?! ». Et moi de répondre, avec mon air de Parisienne désabusée : « Non en fait, je n’aime pas trop Paris ». Ça me fait toujours l’impression de révéler à un enfant que le Père Noël n’existe pas.
Mais avec les années, j’ai évolué. Il y a des choses que j’adore à Paris et des choses que je n’aime pas du tout. Alors je me suis dit que j’allais faire une liste.
A Paris, j’aime…
- Les commerces qui ferment tard
- Le boucher, le boulanger et le fromager du coin
- Les titis parisiens
- Les marchés
- La bonne bouffe élevée au rang de religion
- Les restaurants asiatiques pas chers et de très bonne qualité
- Les garçons de café, leur professionnalisme et les petites plaisanteries qu’ils font toujours à leurs clients
- Le fait que les garçons de café m’appellent Mademoiselle
- Les conversations politico-philosophiques jusqu’au bout de la nuit
- L’harmonie de la ville, l’architecture de toute beauté, les illuminations
- Le métissage culturel
- Les vitrines de Noël des grands magasins
- Le Vélib’
- La tour Eiffel de jour
- La tour Eiffel de nuit
À Paris, je n’aime pas…
- Le snobisme des Parisiens qui pensent que Paris est la meilleure ville du monde bien qu’ils n’aient jamais vécu ailleurs, surtout quand ils n’ont jamais vécu ailleurs d’ailleurs
- Le caractère franco-français de toute conversation, l’ignorance totale de ce qui se passe en « province » et à l’étranger
- Le prix exorbitant des loyers
- Le métro. Je ne sais pas ce qu’il se passe mais depuis quelques années, mais c’est toujours l’heure de pointe dans le métro.
- Les heures perdues dans les transports en commun
- Les voitures et leur trafic incessant
- La violence ambiante. Dès que je descends du Thalys et que je m’engouffre dans le métro à Gare du Nord, je la ressens. C’est ineffable mais c’est là. Il y a de la tension dans l’air. La vie est dure, les gens sont frustrés et malheureux. En tant que femme, à Paris quand je me déplace seule le soir, j’ai peur.
- Les sorties hors de prix. Je me rappelle d’une soirée au Rex, une boîte tout public, il y a quelques années. Entrée 12 euros. Jusque là rien d’extravagant. Je commande deux bières, deux bouteilles de Heineken : 14 euros. Aïe. Du coup, que font les jeunes ? Ils s’invitent les uns chez les autres pour des dîners et fêtes d’appartement. Voilà la night life typique du jeune parisien qui n’est pas Crésus. Résultat ? On évolue toujours dans le même milieu et les Parisiens fonctionnent en tribu.
- Le bruit constant, les boutiques à chaque immeuble, la foule, l’activité partout. C’est trop.
Pourtant j’aime Paris. J’aime même les Parisiens. Mais parfois aussi, je déteste Paris… et les Parisiens surtout.
Une copine m’a envoyé ce test sur Facebook : « Testez votre relation à Paris. Vous et Paris, vous en êtes où ? » Ci-dessous mon résultat. Comme quoi…
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Tags: Paris
2 responses to “Paris, je t’aime… moi non plus” 
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Vive Paris !
Et vive ce billet : on déteste Paris pour les mêmes raison qu’on l’adore ! Ca mériterait de lancer une chaîne de blogs…
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Nicolas December 28th, 2010 at 23:30