• Bruxelles, je t’aime… moi non plus

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    February 19th, 2012EuropasionariaBruxelles, Europe, La vie

    Comme beaucoup d’expats, je n’ai pas choisi Bruxelles par amour mais par raison. Je suis arrivée là pour le travail. J’avais essayé de trouver un emploi qui me permette d’allier mes passions de l’Europe et de la politique à Amsterdam d’abord, une ville dans laquelle j’étais arrivée par hasard et dont j’étais tombée raide dingue. L’amour au premier regard. Mais voilà, il n’y avait pas de travail pour moi là-bas. J’essayais à Paris aussi. Pas plus de chance. Je ne voulais pas travailler dans le milieu européen à Bruxelles parce que pour moi, l’Europe devait être partout. Ce n’était pas en prêchant dans la paroisse des eurocrates que j’allais faire avancer l’Europe. Je voulais apporter la bonne parole sur le terrain. Je voulais faire aimer l’Europe à ceux qui la connaisse mal. Mais voilà, je voulais aussi vivre de cette passion. Je me suis donc retrouvée à Bruxelles. Ça fait maintenant six ans que j’y vis.

    Le bazar

    © Frederic della Faille

    Au début, Bruxelles me mettait hors de moi. Rien ne marchait. Le bazar général m’horripilait. Puis, petit à petit, ces petits défauts m’ont attendrie et je me suis mise à en rire. Maintenant, j’aime ce chaos car il ne manque jamais de surprendre. Quand je reçois de la visite de Parisiens dans ma chère Bruxelles et que je les vois s’énerver à la parisienne des dysfonctionnements qu’ils rencontrent, j’en souris. Je suis passée par là. Alors je leur dis avec un sourire: « bienvenu à Bruxelles » et leur suggère de ne pas s’en préoccuper, de se relaxer, et d’en rire. Bruxelles est surréaliste, ça fait partie de son charme.

    Une beauté à découvrir

    © Geert Schneider

    Au bout d’un an et demi, j’ai compris que j’étais là pour rester. J’avais découvert la ville. Même si elle n’avait pas la beauté majestueuse de Paris ou la beauté simple d’Amsterdam, elle était belle, elle aussi. Belle dans ses défauts, belle dans ses surprises. A qui sait regarder, Bruxelles renferme nombres de beautés cachées. Un jour où il fait beau, on lève le nez et on remarque cette petite maison art nouveau sublime devant laquelle on est passé tous les jours sans jamais y faire attention.

    Un village-capitale

    © Marc Delforge

    J’aime le côté ville-village de Bruxelles. Capitale à taille humaine, elle a les qualités de chaque monde : suffisamment grande et active culturellement pour ne jamais s’ennuyer, suffisamment petite pour ne pas souffrir de l’anonymat des grandes villes. Quand je sors à Bruxelles, je rencontre toujours des personnes que je connais déjà. Mais pas trop, ce qui serait étouffant, non, juste ce qu’il faut pour réchauffer le cœur.

    Laboratoire européen

    © David Kenny

    En une soirée à Bruxelles, il peut m’arriver de parler les quatre langues que je connais. Un délice pour les amoureux des langues. Et refaire le monde autour d’une bière entre Grecs, Français, Anglais, Espagnols, Italiens, Polonais et Allemands, reste l’une des plus belles aventures qui soient. C’est mon quotidien.

    Après 3 ans de vie commune avec Bruxelles, un jour alors que je me baladais dans la rue et qu’il faisait beau, je me suis dit que j’aimais de plus en plus cette ville. Depuis ce sentiment m’étreint régulièrement. Je lève le nez, je repère un petit détail attendrissant qui m’avait échappé, j’hume l’air humide et lui fais ma déclaration d’amour : Bruxelles, chaque jour qui passe, je t’aime de plus en plus.

    Vous avez aimez cette déclaration d’amour ? Vous aimerez peut-être aussi Paris, je t’aime… moi non plus
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11 responses to “Bruxelles, je t’aime… moi non plus” RSS icon

  • Moi, je suis né à Bruxelles et j’y ai toujours vécu. Ce qui n’empêche pas de voyager, hein! Mais c’est mon camp de base, mon terroir, mon Larzac à moi… Ca m’étonne toujours un peu qu’on puisse l’aimer sans en être depuis son premier vagissement, parce qu’allez, elle est moche quand même, avec toutes ses rides et ses cicatrices, mal coiffée, et ses bas qui tombent sur ses chaussures. Et sale. Et bordélique. Mais c’est comme une vieille paire de pantoufles – ici, on dit: “de slaches” – toute déformée, semelles trouées, contreforts affaissés. On s’y est habitué et on y est à l’aise. On supporte même les autres Brusseleers, finalement. Je me demande: êtes-vous aussi devenue râleuse, jamais contente, mais “zwanzeuse” comme madame Chapeau, celle que les crapuleux de sa strotje appellent comme ça? 🙂
    J’ai pris du plaisir à lire votre billet, pas parce que je suis fier qu’on aime ma ville, mais parce que ça fait plaisir de n’y être pas tout seul, comme Jef dans la chanson de Brel.
    Bonne continuation.

  • mais c’est pas vrai qu’elle est moche, Charles!! Je viens de faire un an à Bruxelles. Honnêtement, jamais de ma vie j’ai rêvé d’y habiter. Mais dès le jour 1 je suis bouche-bé devant tant de beauté. Et non seulement parce que pour un espagnol les constructions des maisons de maître sont d’un exotisme digne d’un conte de fées, mais surtout pour son éclectisme et la preuve que cette ville est effectivement passée par chacune des époques historiques depuis 500 ans. C’est une ville, je l’admets, qui a raté certains de ses paris urbanistiques, mais pas tous et, qui plus est, une ville que ne semble pas figée dns le temps. À Bruxelles tout peut se passer encore dans l’avenir. Ensuite, la taille de la ville est très appropriée pour les amants des capitales et en même temps de ceux qui aiment pouvoir se construire une bande de potes de quartier avec qui se retrouver dans les bars sans devoir planifier les sorties. Puis, évidemment, une ville avec une très grande proportion de jeunes: et qui dit jeunesse, doit aussi dire beauté naturelle et pimpante. mais, disons-le sans complexe, le plus chouette et aimable de Bxl pour un expat c’est son énorme bulle d’expats qui facilite tellement les choses, l’installation, la vie sociale, qui aliemente notre curiosité avec tant de régularité, et qui nous fait connaître et apprendre à si bon marché les cultures et les attentes des autres européens. Ça n’a pas de prix. Ça ne peut pas se payer avec la Visa.

    • Ben oui c’est vrai ça Charles, pourquoi tu dis qu’elle est moche Bruxelles d’abord ?! Elle est mignonne comme tout. C’est sûr elle se la raconte pas comme d’autres capitales mais elle est chou quand même. Mais bon évidemment, toi et Bruxelles, c’est un peu comme la chanson des vieux amants, pour continuer ta référence à Brel. Tu la connais tellement que tu ne te rends même plus compte qu’elle est belle.

  • Oh! C’est sûr qu’il y a des tas de jolies choses à Bruxelles, mais on l’a tellement abîmée, ma ville, en y creusant des tunnels et en y bâtissant des tours affreuses. Voyez la Jonction Nord-Midi qui lui fait comme un balafre… Mais bon, je l’aime comme elle est et je suis content qu’elle vous plaise. Soyez-y les bienvenus, les expats!

  • Qué suerte…y qué envidia me da eso de hablar en 4 idiomas y poder arreglar cada día el mundo con griegos, franceses…
    Un saludo desde Andalucía:
    Emilio

    Quel sort … et quelle envie il me donne cela de parler dans 4 langues et de pouvoir régler chaque jour le monde avec Grecs, des Français… Un salut depuis l’Andalousie!
    (Y disculpa si la traducción no es del todo adecuada)

  • ¡Hola Emilio! ¡Andalucía también da para hablar de belleza en todos los idiomas!

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