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    June 6th, 2010EuropasionariaEurope, Génération 2.0 / Génération Y

    Les personnes qui approchent la trentaine expérimentent souvent une période d’importante remise en question. Ils ont étudié pendant des années, ont enfin un premier job important, puis ils commencent à s’ennuyer et décident qu’ils ont besoin d’un changement. Alors que la plupart des personnes dans cette situation réagissent en changeant de boulot, ou en faisant un bébé ou même en commençant un nouveau passe-temps, le genre de personne que je suis, les personnes ayant vécu à l’étranger ont pour premier instinct : « Il faut que je change de pays ». Comme si changer de pays était la solution à nos problèmes.

    Luggage - CC Cake Walk sur Flickr

    Une amie d’enfance, qui après avoir vécu des années à New York est rentrée il y a un an à Paris, me confiait récemment qu’il lui était quasiment impossible de faire des trous dans les murs de son appartement pour accrocher des tableaux, photos ou autres posters, et que c’était un réel blocage pour elle. Je suis allée chez elle le weekend dernier. Ses murs sont totalement vierges alors que des cadres sont posés par terre, appuyés contre les murs, attendant que des clous soient plantés. Ça m’a fait réaliser que bien qu’habitant dans le même appartement depuis quatre ans, je n’ai toujours pas fait de trous aux murs non plus. Comme ceux de mon amie, mes murs sont toujours blancs comme neige. À y réfléchir, je n’ai fait de trous dans aucun des quatre appartements où j’ai vécu depuis que je suis partie de chez mes parents. La décoration ne m’a jamais trop préoccupée non plus. Comme si tous ces endroits n’étaient que temporaires.

    Mais quand est-ce que le temporaire cesse d’être temporaire ? Est-ce que nous, la génération expat, sommes condamnés à errer de pays en pays jusqu’à ce que nous trouvions notre terre d’accueil idéale ? Et si nous ne le faisons pas, est-ce que nous resterons frustrés toute notre vie, en gardant toujours en tête que la vie pourrait être meilleure dans un autre pays ?

    Toujours prêt à plier bagage et à partir vers une nouvelle destination exotique, j’ai l’impression que c’est ce que de nombreux expats bruxellois ressentent. Les gens sont de passage. Chaque année, certains décident de rentrer dans leur pays d’origine, quand d’autres décident de partir encore dans un autre pays étranger. Enfin, il y a ceux qui restent. Je me rappelle de ce que m’a dit un jour un ancien collègue néerlandais, un homme d’une quarantaine d’années. Il m’a dit que Bruxelles lui avait toujours semblé être un lieu de résidence temporaire jusqu’à ce qu’un jour il réalise qu’il était là depuis 15 ans. Il s’était dit alors qu’il était peut-être temps d’accepter le fait que Bruxelles était devenu son lieu de résidence permanent. Pourtant, il n’avait toujours pas l’air convaincu. Comme s’il ne pouvait se résoudre à être attaché à un endroit pour le restant de ses jours.

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    June 6th, 2010EuropasionariaEurope, Generation 2.0 / Generation Y

    Most people in their late twenties experiment what I would call a “mid mid life crisis”. They studied for ever, finally got the first real job that matter, then get bored and feel they need a change. While most people in this situation would react by changing job or having a baby or even starting a new hobby, the kind of people that I am – people that have lived abroad, just think: “I need to move to another country”. As if changing country would solve anything.

    Luggage - CC Cake Walk on Flickr

    A childhood friend of mine, who lived in New York for years and came back to Paris a year ago, recently confessed that she found it nearly impossible to make holes in her walls to hang posters, paintings or pictures. She just cannot do it. I went to her place last weekend. The walls were totally blank, and frames were displayed on the floor, waiting to be hung. It made me realise that although I have lived in the same apartment for 4 years, I still haven’t made any hole in the walls either. Like my friend’s, my walls are blank. Actually, looking back at the 4 places I lived since I left my parents’ place, I realised I never made holes in the walls at any of these places. I never paid much attention to the decoration either. As if all those places where just temporary.

    But when does temporary stop being temporary? Are we, the expat generation, doomed to moving from one country to another until we find our dream land? And if we don’t, will we be frustrated our whole life long, always keeping in the back of our mind that life could be better in another country?

    Always ready to pack and head to another exotic destination, I think that’s how many young expats in Brussels feel. People come and go. Every year, some decide to go back to their home country while some decide to start all over again in another foreign country. And others stay. I remember a former Dutch colleague of mine, a man in his early forties, telling me he had always considered Brussels as a temporary location. Until one day he realised he had been there for 15 years, and that it might mean that Brussels was actually not temporary anymore. Yet I could sense that the fact he had been living in Brussels for 15 years, did not convince him that Brussels had become his permanent residence. As if he couldn’t accept to be tied forever to one location only.

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