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    February 20th, 2012EuropasionariaBrussels, Europe, Life

    Like many expats, Brussels was not a choice of love but one of reason. I came here for work. I had tried first to find a job in which I would combine my passions for Europe and for politics in Amsterdam, a city I fell madly in love with at first sight. But there was no job for me there. I tried in Paris too but it also turned out unsuccessful. I didn’t want to work in the Euro-bubble of Brussels because I thought Europe should be everywhere. Being surrounded by people who live and breathe Europe didn’t seem to be the best way to give a push forward to Europe and be its advocate. I wanted to spread the word to the world. I wanted to share my love for Europe with people who wouldn’t have a clear idea of what it consists in. But I also wanted to live from this passion. That’s how I ended up in Brussels. I’ve been here for six years now.

    The mess

    © Frederic della Faille

    At first, Brussels drove me crazy. Nothing worked. The general mess exasperated me. But little by little, I found those little flaws endearing and funny. I like this chaos now because it’s always surprising. When Parisians visit me in my lovely Brussels and I see them getting upset à la parisienne at the malfunctioning of the city, it makes me smile. I tell them then: “welcome to Brussels”, with a big smile on my face, tell them not to be bothered, to relax, and to cheer and enjoy. Brussels is surreal. It’s part of its charm.

    A beauty to discover

    © Geert Schneider

    After a year and a half, I understood I was here to stay. I had explored the city. Even if it didn’t have the stunning beauty of Paris or the simple beauty of Amsterdam, it was beautiful too. Brussels’s beauty is full of flaws and surprises. For who knows how to look, Brussels contains a flock of hidden treasures. For example, on a sunny day, you look up and notice this gorgeous little art nouveau house, which you’ve passed by every day but never paid attention to.

    A capital-village

    © Marc Delforge

    I like the capital-village aspect of Brussels. Human-sized capital, Brussels has the best of both worlds: big enough so as never to be bored but small enough not to feel dehumanised by the anonymity of big cities. When I go out in Brussels, I always meet people I know, but not too many –that would be smothering- just enough to feel warm.

    European laboratory

    © David Kenny

    During a single night in Brussels, I can use the four languages I speak, a delight for language lovers. And being able to make plans on how to save the world around a beer with Greeks, Brits, Spanish, Italians, Poles, and Germans, is one of the most beautiful adventures one can experience. It happens to me every day.

    Brussels and I had been living together for three years when one day it stroke me. It was a beautiful day and I told myself that I liked this city more and more. Since then, I often get this feeling. I look up, notice a lovely little detail that I had so far ignored, I take a deep breath of humid air, and tell her: Brussels, every day that goes by I love you more and more.

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    February 19th, 2012EuropasionariaBruxelles, Europe, La vie

    Comme beaucoup d’expats, je n’ai pas choisi Bruxelles par amour mais par raison. Je suis arrivée là pour le travail. J’avais essayé de trouver un emploi qui me permette d’allier mes passions de l’Europe et de la politique à Amsterdam d’abord, une ville dans laquelle j’étais arrivée par hasard et dont j’étais tombée raide dingue. L’amour au premier regard. Mais voilà, il n’y avait pas de travail pour moi là-bas. J’essayais à Paris aussi. Pas plus de chance. Je ne voulais pas travailler dans le milieu européen à Bruxelles parce que pour moi, l’Europe devait être partout. Ce n’était pas en prêchant dans la paroisse des eurocrates que j’allais faire avancer l’Europe. Je voulais apporter la bonne parole sur le terrain. Je voulais faire aimer l’Europe à ceux qui la connaisse mal. Mais voilà, je voulais aussi vivre de cette passion. Je me suis donc retrouvée à Bruxelles. Ça fait maintenant six ans que j’y vis.

    Le bazar

    © Frederic della Faille

    Au début, Bruxelles me mettait hors de moi. Rien ne marchait. Le bazar général m’horripilait. Puis, petit à petit, ces petits défauts m’ont attendrie et je me suis mise à en rire. Maintenant, j’aime ce chaos car il ne manque jamais de surprendre. Quand je reçois de la visite de Parisiens dans ma chère Bruxelles et que je les vois s’énerver à la parisienne des dysfonctionnements qu’ils rencontrent, j’en souris. Je suis passée par là. Alors je leur dis avec un sourire: « bienvenu à Bruxelles » et leur suggère de ne pas s’en préoccuper, de se relaxer, et d’en rire. Bruxelles est surréaliste, ça fait partie de son charme.

    Une beauté à découvrir

    © Geert Schneider

    Au bout d’un an et demi, j’ai compris que j’étais là pour rester. J’avais découvert la ville. Même si elle n’avait pas la beauté majestueuse de Paris ou la beauté simple d’Amsterdam, elle était belle, elle aussi. Belle dans ses défauts, belle dans ses surprises. A qui sait regarder, Bruxelles renferme nombres de beautés cachées. Un jour où il fait beau, on lève le nez et on remarque cette petite maison art nouveau sublime devant laquelle on est passé tous les jours sans jamais y faire attention.

    Un village-capitale

    © Marc Delforge

    J’aime le côté ville-village de Bruxelles. Capitale à taille humaine, elle a les qualités de chaque monde : suffisamment grande et active culturellement pour ne jamais s’ennuyer, suffisamment petite pour ne pas souffrir de l’anonymat des grandes villes. Quand je sors à Bruxelles, je rencontre toujours des personnes que je connais déjà. Mais pas trop, ce qui serait étouffant, non, juste ce qu’il faut pour réchauffer le cœur.

    Laboratoire européen

    © David Kenny

    En une soirée à Bruxelles, il peut m’arriver de parler les quatre langues que je connais. Un délice pour les amoureux des langues. Et refaire le monde autour d’une bière entre Grecs, Français, Anglais, Espagnols, Italiens, Polonais et Allemands, reste l’une des plus belles aventures qui soient. C’est mon quotidien.

    Après 3 ans de vie commune avec Bruxelles, un jour alors que je me baladais dans la rue et qu’il faisait beau, je me suis dit que j’aimais de plus en plus cette ville. Depuis ce sentiment m’étreint régulièrement. Je lève le nez, je repère un petit détail attendrissant qui m’avait échappé, j’hume l’air humide et lui fais ma déclaration d’amour : Bruxelles, chaque jour qui passe, je t’aime de plus en plus.

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    July 22nd, 2011EuropasionariaEurope, La vie

    22 juillet 2011. Je suis à Bruxelles. Des tweets d’amis norvégiens m’informent qu’une bombe a explosé dans le centre d’Oslo. Quelques minutes plus tard, un autre tweet m’informe qu’il y a aussi eu une fusillade dans le camp d’été des jeunesses travaillistes norvégiennes. A ce stade-là, nous ne savons pas encore exactement ce qui s’est passé. En regardant les nouvelles défiler à la télé, je ressens un mélange de colère et de désespoir. Je connais bien ce sentiment.

    25 juillet 1995. Je suis à Paris. J’apprends qu’il y a eu un attentat dans la station de RER Saint-Michel, l’une des plus fréquentées de Paris. Ma famille est moi sommes pétrifiés. Ma tante passe tous les jours par cette station pour aller au travail. Elle n’y était pas ce jour-là. Depuis lors, c’est devenu habituel de croiser des militaires armés de mitraillettes dans les couloirs du métro parisien. Je ne m’y suis jamais habituée.

    11 septembre 2001. Je suis en voiture avec mon père sur une autoroute française. Nous revenons de Grenoble où il m’a aidé à trouver un appartement. Il est 2 heures de l’après-midi. Nous entendons à la radio qu’un avion s’est écrasé dans l’une des tours jumelles de New York. Les analystes disent que c’est à ce moment-là que le 21ème siècle a vraiment commencé, tout comme le 20ème avait réellement commencé avec la Première guerre mondiale.

    11 mars 2004. J’habite à Amsterdam dans un appartement que je partage avec 12 autres personnes. 8 d’entre elles sont espagnoles. Je remarque leurs visages tétanisés alors qu’ils regardent la chaîne nationale espagnole qui nous apprend que des attentats ont eu lieu dans des trains aux alentours de Madrid.

    7 juillet 2005. J’habite toujours à Amsterdam. Il est tôt. J’allume la télé en sortant du lit et je réalise que des bombes ont explosé dans le métro londonien. Mon petit ami dort encore. L’une de mes meilleures amies habite à Londres.

    Nous nous rappelons tous d’où nous nous trouvions et de ce que nous faisions lorsque nous avons entendu parler de ces attentats. Je ressens toujours le même sentiment confus, un mélange d’incompréhension, d’impuissance et de pessimisme envers le futur de l’humanité. J’essaye d’éviter la colère. La violence engendre la violence. Et la violence n’apporte jamais de solution.

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    July 22nd, 2011EuropasionariaEurope, Life

    22 July 2011. I’m in Brussels. Tweets of Norwegian friends inform me that a bomb has exploded in the centre of Oslo. Another tweet from them later informs me that there’s also been a shooting at the Norwegian Labour party youth conference.  At this stage, we still don’t know what happened exactly. As I watch the news giving more details about the events, I feel a mix of anger and despair. I know this feeling too well.

    25 July 1995. I’m in Paris. I hear there have been bombs in the busiest metro station of Paris. My family and I are aghast. My aunt commutes through this station to go to work. She was fine. Since then, seeing armed soldiers in the Parisian metro’s corridors has become usual. But I never got used to it.

    11 September 2001. I’m in a car with my father somewhere between Grenoble and Paris. He’s just helped me find an apartment in Grenoble where I’m about to move. It’s around 2pm. We hear on the radio that a plane has crashed in one of the Twin towers in New York. Analysts say that’s when the 21st century really started, just as WWI was the real beginning of the 20th century.

    11 March 2004. I’m living in Amsterdam in a shared flat with 12 other people. 8 of them are Spanish. I look at their mortified faces as they watch the Spanish national television relate the bomb attacks in trains close to Madrid.

    7 July 2005. I’m still in Amsterdam. It’s early. I get out of bed, turn on the TV and soon realise there’s been bomb attacks in the London Tube. My boyfriend is still asleep. One of my best friends lives in London.

    We all remember where we were during these events. I always get the same weird confused sensation: a mix of incomprehension, helplessness and pessimism for the future of humanity. I try to avoid anger. Violence begets violence. And violence is never a solution.

     

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    December 28th, 2010EuropasionariaBruxelles, France, La vie

    © John Brody

    Je suis née et j’ai grandi à Paris. Je parle verlan et j’ajoute des « han» inutiles à la fin des mots. Je râle beaucoup. Je jure aussi beaucoup. Je suis une intellectuelle, je peux parler politique et films jusqu’aux petites heures de la nuit. Je me déplace en métro les yeux fermés mais j’ai du mal à trouver mon chemin à pied. Je suis féministe et féminine. Bref, je suis une vraie parisienne, pur produit estampillé Paname.

    Comme tout Parisien, j’ai une relation amour/haine à ma ville. J’en suis partie à 22 ans car je n’en pouvais plus. Paris, c’était trop pour moi. Maintenant quand je reviens, je me sens touriste dans ma propre ville qui m’émerveille à chaque fois de sa beauté.

    Je vis à Bruxelles dans le milieu des expatriés européens. Quand on y rencontre quelqu’un, la première question qu’on se pose c’est toujours : « D’où viens-tu ? ». Au début, je répondais : « de France ». Mais comme cette réponse est toujours suivie de « Où ça en France ? », j’ai pris l’habitude de prendre un raccourci et de répondre directement à la première question : « de Paris ». Et là c’est systématique, des petites étoiles lumineuses apparaissent dans les yeux de mon interlocuteur qui me répond plein d’entrain : « Paris est tellement magnifique, est-ce que ça ne te manque pas ?! ». Et moi de répondre, avec mon air de Parisienne désabusée : « Non en fait, je n’aime pas trop Paris ». Ça me fait toujours l’impression de révéler à un enfant que le Père Noël n’existe pas.

    Mais avec les années, j’ai évolué. Il y a des choses que j’adore à Paris et des choses que je n’aime pas du tout. Alors je me suis dit que j’allais faire une liste.

    A Paris, j’aime…

    • Les commerces qui ferment tard
    • Le boucher, le boulanger et le fromager du coin
    • Les titis parisiens
    • Les marchés
    • La bonne bouffe élevée au rang de religion
    • Les restaurants asiatiques pas chers et de très bonne qualité
    • Les garçons de café, leur professionnalisme et les petites plaisanteries qu’ils font toujours à leurs clients
    • Le fait que les garçons de café m’appellent Mademoiselle
    • Les conversations politico-philosophiques jusqu’au bout de la nuit
    • L’harmonie de la ville, l’architecture de toute beauté, les illuminations
    • Le métissage culturel
    • Les vitrines de Noël des grands magasins
    • Le Vélib’
    • La tour Eiffel de jour
    • La tour Eiffel de nuit

    À Paris, je n’aime pas…

    • Le snobisme des Parisiens qui pensent que Paris est la meilleure ville du monde bien qu’ils n’aient jamais vécu ailleurs, surtout quand ils n’ont jamais vécu ailleurs d’ailleurs
    • Le caractère franco-français de toute conversation, l’ignorance totale de ce qui se passe en « province » et à l’étranger
    • Le prix exorbitant des loyers
    • Le métro. Je ne sais pas ce qu’il se passe mais depuis quelques années, mais c’est toujours l’heure de pointe dans le métro.
    • Les heures perdues dans les transports en commun
    • Les voitures et leur trafic incessant
    • La violence ambiante. Dès que je descends du Thalys et que je m’engouffre dans le métro à Gare du Nord, je la ressens. C’est ineffable mais c’est là. Il y a de la tension dans l’air. La vie est dure, les gens sont frustrés et malheureux. En tant que femme, à Paris quand je me déplace seule le soir, j’ai peur.
    • Les sorties hors de prix. Je me rappelle d’une soirée au Rex, une boîte tout public, il y a quelques années. Entrée 12 euros. Jusque là rien d’extravagant. Je commande deux bières, deux bouteilles de Heineken : 14 euros. Aïe. Du coup, que font les jeunes ? Ils s’invitent les uns chez les autres pour des dîners et fêtes d’appartement. Voilà la night life typique du jeune parisien qui n’est pas Crésus. Résultat ? On évolue toujours dans le même milieu et les Parisiens fonctionnent en tribu.
    • Le bruit constant, les boutiques à chaque immeuble, la foule, l’activité partout. C’est trop.

    Pourtant j’aime Paris. J’aime même les Parisiens. Mais parfois aussi, je déteste Paris… et les Parisiens surtout.

    Une copine m’a envoyé ce test sur Facebook : « Testez votre relation à Paris. Vous et Paris, vous en êtes où ? » Ci-dessous mon résultat. Comme quoi…

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    December 28th, 2010EuropasionariaBrussels, France, Life

    ©John Brody

    I was born and raised in Paris. I speak Paris slang called “verlan”, which consists of putting word syllables upside down. I have a Parisian accent. I swear and grumble a lot. I am an intellectual; I can talk about politics and films all night long. I could find my way in the underground blindfolded. Yet I have trouble doing so outside. I am a feminine feminist. I’ve never really gotten rid of my bad smoking habit. In short, I am a true Parisian, genuine produce of the city of lights.

    As any Parisian, I have a love and hate relationship with my city. I left when I was 22 because I couldn’t take it anymore. Paris was too much for me. Now every time I come back I feel like a tourist in my own city. The beauty of it amazes me.

    I live in Brussels in the expat community. When you meet someone there, the first question you are asked is always: “Where do you come from?” I used to respond: “from France.” But as this answer is always followed by “Where in France?” now I’m taking a short cut and respond directly to the first question: “From Paris.” The mention of Paris always has the same effect on the person I’m talking to. Shiny stars appear in their eyes and they ask me filled with wonder: “Don’t you miss it? Paris is such a great city!” With a typical “been there, done that” Parisian look on my face I usually say: “No. Actually I’m not really fond of Paris”. And each time, it makes me feel as if I was telling a child that Santa Claus doesn’t exist.

    But I’ve evolved over the years. There are things I love about Paris and things I dislike. So I thought I would make a list.

    Things I love about Paris:

    • Shops that open late
    • Butcher’s shops, bakeries and cheese sellers at every street corner
    • The old Parisians known as “titis parisiens”
    • The markets you find every 5 minute-walk
    • Food is a religion
    • Asian restaurants that are both good and cheap
    • Waiters. I know they have a bad reputation. But they don’t behave the same with tourists as they do with Parisians. Being a waiter in Paris is more than a job; it’s a career. Their professionalism always astounds me. Besides they always make funny jokes. I love them.
    • Parisian waiters calling me Mademoiselle
    • Politico-philosophical discussions until the end of the night
    • The city’s harmony, the beauty of its architecture, illuminations
    • Cultural diversity
    • Department stores’ windows at Christmas time (see video below)
    • Public bikes
    • The Eiffel tower by day
    • The Eiffel tower by night

    Things I dislike about Paris:

    • The snobbery of some Parisians who think Paris is the best city in the world although they have never lived in another city
    • How very French every conversation is, the ignorance of anything that takes place outside of Paris, be it in the rest of France or in the rest of the world
    • Sky-high housing costs
    • The underground. I don’t know why but it seems it’s always pick hour in the Parisian underground.
    • Hours lost commuting
    • Cars and their constant traffic
    • The underlying violence in the air. As soon as I get out of the Thalys at Gare du Nord I can feel it. It’s ineffable. Something is in the air. People are frustrated and unhappy. As a woman I don’t feel safe walking around on my own at night in Paris.
    • Going out is expensive. I remember a night out in a trendy club a few years ago. Entrance was 12 Euros. Nothing outrageous. Then I ordered two bottles of Heineken: 14 Euros. Ouch. In these conditions, what do young Parisians do to have fun? They throw dinners and parties in their own apartments. As a result, they only meet people like them and Parisians function in tribes.
    • The noise, the shops at every building, the crowd, the lights everywhere. Too much of it all.

    But I like Paris. I even like the Parisians. Yet sometimes I dislike Paris… and especially the Parisians. A friend sent me a test on Facebook: “Test your relationship with Paris. Paris and you, where do you stand? According to the test, it’s perfect love between Paris and me. Who would have thought?

    Here’s a piece of Paris wonders, the animated Christmas windows of the most emblematic Parisian department stores:

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    June 6th, 2010EuropasionariaEurope, Génération 2.0 / Génération Y

    Les personnes qui approchent la trentaine expérimentent souvent une période d’importante remise en question. Ils ont étudié pendant des années, ont enfin un premier job important, puis ils commencent à s’ennuyer et décident qu’ils ont besoin d’un changement. Alors que la plupart des personnes dans cette situation réagissent en changeant de boulot, ou en faisant un bébé ou même en commençant un nouveau passe-temps, le genre de personne que je suis, les personnes ayant vécu à l’étranger ont pour premier instinct : « Il faut que je change de pays ». Comme si changer de pays était la solution à nos problèmes.

    Luggage - CC Cake Walk sur Flickr

    Une amie d’enfance, qui après avoir vécu des années à New York est rentrée il y a un an à Paris, me confiait récemment qu’il lui était quasiment impossible de faire des trous dans les murs de son appartement pour accrocher des tableaux, photos ou autres posters, et que c’était un réel blocage pour elle. Je suis allée chez elle le weekend dernier. Ses murs sont totalement vierges alors que des cadres sont posés par terre, appuyés contre les murs, attendant que des clous soient plantés. Ça m’a fait réaliser que bien qu’habitant dans le même appartement depuis quatre ans, je n’ai toujours pas fait de trous aux murs non plus. Comme ceux de mon amie, mes murs sont toujours blancs comme neige. À y réfléchir, je n’ai fait de trous dans aucun des quatre appartements où j’ai vécu depuis que je suis partie de chez mes parents. La décoration ne m’a jamais trop préoccupée non plus. Comme si tous ces endroits n’étaient que temporaires.

    Mais quand est-ce que le temporaire cesse d’être temporaire ? Est-ce que nous, la génération expat, sommes condamnés à errer de pays en pays jusqu’à ce que nous trouvions notre terre d’accueil idéale ? Et si nous ne le faisons pas, est-ce que nous resterons frustrés toute notre vie, en gardant toujours en tête que la vie pourrait être meilleure dans un autre pays ?

    Toujours prêt à plier bagage et à partir vers une nouvelle destination exotique, j’ai l’impression que c’est ce que de nombreux expats bruxellois ressentent. Les gens sont de passage. Chaque année, certains décident de rentrer dans leur pays d’origine, quand d’autres décident de partir encore dans un autre pays étranger. Enfin, il y a ceux qui restent. Je me rappelle de ce que m’a dit un jour un ancien collègue néerlandais, un homme d’une quarantaine d’années. Il m’a dit que Bruxelles lui avait toujours semblé être un lieu de résidence temporaire jusqu’à ce qu’un jour il réalise qu’il était là depuis 15 ans. Il s’était dit alors qu’il était peut-être temps d’accepter le fait que Bruxelles était devenu son lieu de résidence permanent. Pourtant, il n’avait toujours pas l’air convaincu. Comme s’il ne pouvait se résoudre à être attaché à un endroit pour le restant de ses jours.

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    June 6th, 2010EuropasionariaEurope, Generation 2.0 / Generation Y

    Most people in their late twenties experiment what I would call a “mid mid life crisis”. They studied for ever, finally got the first real job that matter, then get bored and feel they need a change. While most people in this situation would react by changing job or having a baby or even starting a new hobby, the kind of people that I am – people that have lived abroad, just think: “I need to move to another country”. As if changing country would solve anything.

    Luggage - CC Cake Walk on Flickr

    A childhood friend of mine, who lived in New York for years and came back to Paris a year ago, recently confessed that she found it nearly impossible to make holes in her walls to hang posters, paintings or pictures. She just cannot do it. I went to her place last weekend. The walls were totally blank, and frames were displayed on the floor, waiting to be hung. It made me realise that although I have lived in the same apartment for 4 years, I still haven’t made any hole in the walls either. Like my friend’s, my walls are blank. Actually, looking back at the 4 places I lived since I left my parents’ place, I realised I never made holes in the walls at any of these places. I never paid much attention to the decoration either. As if all those places where just temporary.

    But when does temporary stop being temporary? Are we, the expat generation, doomed to moving from one country to another until we find our dream land? And if we don’t, will we be frustrated our whole life long, always keeping in the back of our mind that life could be better in another country?

    Always ready to pack and head to another exotic destination, I think that’s how many young expats in Brussels feel. People come and go. Every year, some decide to go back to their home country while some decide to start all over again in another foreign country. And others stay. I remember a former Dutch colleague of mine, a man in his early forties, telling me he had always considered Brussels as a temporary location. Until one day he realised he had been there for 15 years, and that it might mean that Brussels was actually not temporary anymore. Yet I could sense that the fact he had been living in Brussels for 15 years, did not convince him that Brussels had become his permanent residence. As if he couldn’t accept to be tied forever to one location only.

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