• scissors
    December 14th, 2010EuropasionariaEuroblogosphère

    Ce weekend, j’ai eu le plaisir d’être invitée à Cordoue par l’équipe du bureau du Parlement européen en Espagne, aux côtés d’une cinquantaine de blogueurs, journalistes, eurodéputés et fonctionnaires européens, à plancher sur le thème de comment communiquer l’Europe sur Internet. Au nom du Blogging Portal, j’ai fait une présentation à une table ronde sur comment « Communiquer l’Europe à travers les réseaux sociaux ». Mes grands-parents ont fuit l’Espagne en 1939 à cause de la guerre civile. Pour la Française d’origine espagnole que je suis, être invitée à Cordoue pour parler d’Europe, qui est avant tout un projet de paix, était très symbolique et quelque peu émotionnel.

    Bien que je suive attentivement ce qu’il se passe dans l’Euroblogosphère anglophone et francophone, je connais peu l’Euroblogosphère espagnole. Pour moi, cette rencontre à Cordoue a été une véritable découverte. Il est toujours bon de sortir de « l’EU bubble », le microcosme bruxellois qui travaille dans les affaires européennes. À Bruxelles, on respire l’Europe. On a le nez dedans. Trop peut-être… Rencontrer régulièrement des protagonistes nationaux est non seulement bénéfique mais aussi essentiel. Au final, la rencontre de Cordoue était exactement la bouffée d’air frais dont j’avais besoin après trois mois de travail intense. Je reviens à Bruxelles submergée d’idées. En parler pourrait remplir 10 blogposts. Mais voici donc mes premières impressions de la rencontre.

    L’Espagne est différente

    Il fallait le voir pour le croire. Au tout début de la rencontre, les quelques 50 participants autour de la table ont réalisé une « ola », la vague humaine que forment les supporters durant les matchs de football. Ça reflète bien l’ambiance générale de la rencontre : sympa, décontractée et surtout, coopérative. J’ai écrit dans le passé que j’aimerais voir plus de personnalités européennes parler d’Europe avec passion. Et bien cette passion, je l’ai trouvée en Espagne. Ca doit être certainement la différence culturelle.

    Communiquer entre Européens plutôt que communiquer l’Europe

    L’idée principale que je voulais défendre était qu’avec l’avènement des réseaux sociaux, les institutions européennes devraient arrêter d’essayer de « communiquer l’Europe » à tout prix, comme si l’Europe était un message à diffuser aux masses, et commencer à interagir, c’est-à-dire à parler d’Europe entre Européens. Comme Pau Solanilla d’Europeando.eu l’a dit : « Si l’on n’a pas compris que la hiérarchie n’est plus le principe organisateur, alors on n’a rien compris ». Dans les réseaux sociaux, la communication est personnalisée. Parler comme une institution ne fonctionne pas. C’est pourquoi, les institutions européennes devraient lâcher un peu de lest et autoriser ses employés à parler, non au nom de leur institution, mais en tant que personne travaillant dans cette institution. Bárbara Quílez, qui est en charge de la page espagnole du site du Parlement européen, a fait une remarque très subtile sur ce point : «  Nous [les fonctionnaires européens] pouvons humaniser l’Europe, pas la personnifier ». En effet, il s’agit de donner un visage à l’Europe et non d’être le visage de l’Europe.

    Au final, tout est histoire de relation

    Selon Pau Solanilla, la communication en réseau est faite de contenu, de canaux et de relations. Le succès de la rencontre de Cordoue a démontré quelque chose que les acteurs de l’Internet savent bien ; les relations qui se développent en ligne engendrent des liens solides dans la vie réelle. Bien que je communique depuis des mois avec les Euroblogueurs espagnols qui étaient présents à Cordoue, je ne les avais encore jamais rencontrés. Mon expérience m’a montré que les activités en ligne sont toujours renforcées par des rencontres en chair et en os. C’est pourquoi des rencontres comme celle de Cordoue sont non seulement bénéfiques mais aussi essentielles tout simplement.

    Ne doutez pas qu’un petit nombre de personnes déterminées puisse changer le monde. En fait, ça a même toujours marché comme ça[1]

    Samedi, #PEredes, le hashtag utilisé pendant la rencontre de Cordoue a réussi à se placer parmi les sujets tendance de Twitter et tout ça en parlant d’Europe ! Finalement, pour que l’Europe fasse partie du débat public, on a juste besoin d’une salle remplie de geeks européens et d’une bonne connexion Internet.

    Lors de notre rencontre, Susana del Río, une sociologue spécialisée dans la communication européenne, a dit que « Le débat entre Européens est source de créativité politique ». Je suis tout-à-fait d’accord. L’Europe est le futur de la politique. De nos jours, dans les pays occidentaux, la démocratie connait une mauvaise passe : baisse constante du taux de participation aux élections, chute du nombre d’adhérents aux partis politiques, méfiance envers les politiciens… nous sommes tous politiquement désenchantés. Dans une telle situation, parler de politique entre Européens peut mener à de nouvelles solutions et à un renouvellement de l’intérêt pour la politique. L’Union européenne est un OPNI, un objet politiquement non-identifié. C’est à nous, les citoyens européens, de bâtir l’Europe que nous souhaitons. Pour reprendre l’expression de Francisco Luis Benítez, « L’Europe en vaut la peine ».

    En conclusion, je dirais que l’initiative de l’équipe d’Ignacio Samper du bureau du Parlement européen en Espagne a montré la voie. Nous avons besoin de rencontres similaires dans d’autres pays européens. J’aimerais voir un évènement de ce genre organisé en France où la blogosphère est l’une des plus actives d’Europe. Au final, j’aimerais aussi voir une rencontre générale d’Euroblogueurs de tous pays à Bruxelles. Parlement européen, vous me recevez ?


    [1] Margaret Mead, anthropologue américaine

    Tags: , , , , , ,
  • scissors
    December 13th, 2010EuropasionariaEuroblogosphere

    This weekend I had the pleasure to be invited by the great folks of the office of the European Parliament in Spain to a roundtable on how to communicate Europe online along with about 50 bloggers, journalists, EU officials, and MEPs. I was asked to make a presentation on the topic of “How to communicate Europe through social media” on behalf of the Blogging Portal. My grandparents fled Spain in 1939 because of the civil war. So for the French woman of Spanish origin that I am, being invited in Cordoba to talk about Europe, which is above all a project of peace, was very symbolic and also quite emotional.

    Although I am following closely what’s happening in the French and English-speaking Euroblogospheres, I am not too aware of what’s going on in the Spanish one. This meeting was a true crash course. It’s always good to get out of the EU bubble. In Brussels we live and breathe Europe. Having regular meetings with national actors is not only beneficial but also essential. In the end, the Cordoba meeting was exactly the breath of fresh air I needed after 3 hard-working months. And I’m back to Brussels overwhelmed with ideas. Talking about them all would probably take about 10 posts. But here are my general impressions of the meeting.

    Spain is different

    You wouldn’t believe this. The meeting started with an “ola” performed by the 50 participants around the table. The “ola” is the human wave you see supporters do at football games. This reflected the general atmosphere of the gathering: friendly, laid-back, and above all, cooperative. I’ve previously written that I would like to see more public figures talk about Europe with passion. Not surprisingly I found passion in Spain this weekend. Cultural difference? Probably.

    Communicating Europe vs communicating between Europeans

    The main point I wanted to make during my presentation was that in today’s networked world, European institutions should stop trying to “communicate Europe”, as if Europe was a message to broadcast to the masses, and start interacting i.e. talking about Europe between Europeans. As Pau Solanilla from Europeando.eu pointed out: “Either we understand that hierarchy is not the organising principle anymore or we haven’t understood anything”. In social media, communication is personal. You will not be successful communicating online if you speak as an institution. Therefore, European institutions should give away a bit of control and allow its representatives to speak, not as institutions, but as people working in institutions. Bárbara Quílez, who is in charge of the European Parliament’s web page in Spanish, made a very subtle remark on this point: “We [European civil servants] can humanise Europe, not personalise it”. Indeed, it’s about giving Europe a face, not about being the face of Europe.

    In the end it’s all about relationships

    According to Pau Solannilla, networked communication is about content, channels, and relationships. The success of the meeting in Cordoba demonstrated something online activists know very well. Building relationships online leads to strong relationships offline. Although I have been interacting for months with all the Spanish Eurobloggers who attended the meeting, I had never met them in real life. My experience has showed me that online activities are always strengthened after bloggers meet in person. That’s why meetings such as the Cordoba one are essential.

    Never doubt that a small group of thoughtful, committed citizens can change the world. Indeed, it is the only thing that ever has.[1]

    On Saturday #PEredes, the hashtag used at our meeting in Cordoba managed to get into the Twitter trending topics in Spain, and talking about Europe at that! For Europe to be in the public debate, it just takes a full room of EU geeks and good wifi.

    At our meeting, Susana Del Río, a sociologist specialising in European communication said: “Debate between Europeans creates political creativity”. I couldn’t agree more, Europe is the future of politics. Nowadays throughout the Western world, democracy is in disarray: low election turnouts, falling numbers of party memberships, lack of trust in politicians… we are all politically disenchanted. In such a situation, speaking about politics between Europeans can lead to new solutions and regained interest in politics. The European Union is a UPO, an unidentified political object. It is up to us, European citizens, to shape it the way we would like it to be. As Francisco Luis Benítez put it: “Europe is worth it”.

    Eventually I would say that the initiative of Ignacio Samper’s team of the European Parliament’s office in Spain has led the way. We need similar meetings held in other European countries. I would like to see this happening in France, for example, where the blogosphere is one of the most dynamic in Europe. On top of it, I would like to see a general Euroblogger meeting organised in Brussels. European Parliament, do you read me?


    [1] Margaret Mead, American anthropologist

    Tags: , , , , , , ,